Les dépôts à vue prennent le pas sur les placements financiers en Hexagone

Depots à vue placements financiers

Ayant une aversion pour la prise de risque, les épargnants français ont pourtant joué la prudence à l’extrême ces derniers temps. En effet, leur appétence pour les dépôts à vue prend le pas sur d’autres produits d’épargne, même les plus sécurisés. Un seul semble faire exception, et ce, en dépit de son rendement moyen à tendance baissière.

Avec des fonds dormants dans leurs comptes bancaires non rémunérés, frôlant les 400 milliards d’euros entre 2013 et le début de 2018, il est on ne peut plus clair que les ménages français font le gros dos à l’épargne financière. Cette attitude s’explique a priori par leur caractère précautionneux quoique cette attitude semble avoir été accentuée par autre chose.

Le fait est que même les produits réputés pour leur sécurité, tels que les livrets d’épargne sont quelque peu délaissés en faveur des dépôts à vue qui a enregistré 50% de plus d’encours en cinq ans. L’analyse des différents placements existant sur le marché porte à croire que la défiance du public provient des taux de rendement bas des supports à capital garanti, mais aussi des caprices des marchés boursiers.

Les contrats vie ont toujours le vent en poupe

Les aléas de la situation économique de la France n’ont apparemment pas eu raison de l’appétence des épargnants pour l’assurance vie. Cet engouement se concrétise par une collecte nette de 22,4 milliards d’euros au 31 décembre 2018, soit 2,69 fois de plus qu’en 2017, à raison de 8,3 milliards. Cela a permis au placement de clôturer son année avec un encours de 1 700 milliards.

Et sa popularité n’est pas près de s’estomper aujourd’hui même si bon nombre de contrats voient leur rentabilité s’effriter de façon continuelle. En effet, après une moyenne de 1,8%, celle-ci est attendue à 1,75% en 2019. Il faut dire que cette enveloppe mise sur sa fiscalité avantageuse tant au niveau des rachats qu’au niveau de la succession pour se démarquer.

Pour autant, les livrets réglementés, tels que le livret A et le LDDS ont quelque peu du mal à prendre le dessus en dépit de leur défiscalisation. Certes, le placement bicentenaire et son petit frère ont accumulé 512 milliards d'euros d’encours entre 2013 et le T1-2018, mais les dépôts n’ont alors augmenté que de 4%.

De la prudence à l’attentisme

De son côté, les comptes courants semblent de plus en plus avoir la cote. Et cette solution d’épargne quelque peu exceptionnelle a enregistré une telle ampleur qui n’a jamais vu en 25 ans. De fait, 14 000 euros sont en moyenne détenus sur les comptes à vue de chaque ménage français en fin 2018 pour un total de dépôt de 33 milliards sur la seule année.

Et sur la période de cinq ans (2013 à 2018), un encours de 390 milliards d’euros a été enregistré, à en croire les données statistiques de la Banque de France, que l’étude réalisée par BPCE (Banque Populaire Caisse d'Épargne Natixis) a récemment confirmée. Une majoration qui est estimée à 50%. Trois raisons expliqueraient cette affluence :

  • La constitution d’une poche de liquidités pour faire face aux imprévus ;
  • La volatilité de la Bourse, et ce, malgré la remontée du CAC 40 (à 5 500 points) ;
  • L’appréhension face aux taux de rendement bas des divers placements.

Pour ce dernier point, il convient de préciser que d’après le sondage mené par Kantar TNS, 20% des épargnants disposant de 7 500 à 50 000 euros sur leurs comptes préfèrent les y laisser plutôt que de les investir dans des placements à rendement faible, voire négatif. À titre d’exemple, le taux des livret A et le LDDS se trouve à son niveau historiquement bas depuis août 2015 avec un espoir de rehaussement jusqu’à 2020 au plus tôt. À savoir, la BCE n’est pas près de réviser à la hausse les taux directeurs que cet été.

Archives

Back to top