vendredi07août
Couple de personnes âgées ayant une réunion avec l'agent d’assurance et l'analyse au bureau.

Depuis quelques années, les assureurs se sont efforcés de promouvoir les UC (unités de compte), quitte à dissuader les épargnants d’investir dans les fonds euros avec garantie de capital. En même temps, ces derniers sont devenus moins rentables à cause des taux d’intérêt faibles. De ce fait, les classes moyennes préfèrent désormais miser sur d’autres produits comme les livrets d’épargne.

Les épargnants moyens ne se préoccupent pas réellement du rendement assurance vie. Ils s’intéressent plutôt à la garantie de capital offerte par ce type de contrat. Logiquement, les professionnels du secteur ont perdu ces profils dès qu’ils ont décidé de mettre en avant les UC. Ces supports sont potentiellement plus rentables, mais plus risqués.

Le désintérêt grandissant de la classe moyenne pour les produits d’assurance-vie a été confirmé par une étude publiée récemment par le cabinet d’expertise Fact & Figures. Les plus aisés, de leur côté, sont séduits par les avantages fiscaux associés à ces supports d’épargne. La clientèle des assureurs-vie tend ainsi à monter en gamme.

Un repositionnement en vue ?

Selon les analystes, les assureurs ont fini par ne plus être capables de répondre aux besoins des épargnants français à force de restreindre l’accès aux fonds euros. En effet, leur nouvelle stratégie commerciale est en décalage avec les attentes de leur clientèle traditionnelle.

Les UC semblent avoir été plébiscités par les particuliers ces derniers temps. Ces supports représentaient en effet 35 % du montant de la collecte brute au mois de mai 2020. Toutefois, ce succès doit être relativisé, car les sommes collectées dans l’ensemble du secteur ont significativement baissé sur cette période en raison du confinement.

Quoi qu’il en soit, les UC ont été très prisées des épargnants aisés en raison de leur potentiel en matière de rendement. Ces profils sont le plus souvent prêts à prendre des risques, eu égard aux rémunérations pouvant être obtenues sur ces produits à moyen et à long terme.

Pour leur part, les classes moyennes ont eu tendance à privilégier les livrets d’épargne et même les comptes courants durant le confinement. Reste à savoir si cette tendance se poursuivra durant après la crise sanitaire. En tout cas, les acteurs du secteur ont intérêt à se réinventer pour éviter de perdre encore plus de clients.

Une montée en gamme défavorable ?

L’an dernier, 48 % de l’encours d’assurance-vie était constitué de l’épargne des classes moyennes et des ménages plus modestes. Cette proportion a fortement baissé en moins d’une décennie, selon le dernier baromètre du cabinet Fact & Figures. En effet, l’épargne dite standard représentait plus de 55 % du stock en 2012.

Pour les spécialistes, la classe moyenne renvoie aux foyers avec un revenu fiscal de moins de 50 000 euros. Il s’agit de la clientèle traditionnelle des fonds euros. Ces épargnants sont particulièrement attachés à la garantie de capital en raison de leur aversion pour le risque.

Compte tenu de cette tendance, les foyers aisés forment désormais la majeure partie de la clientèle des assureurs-vie. Ces investisseurs particuliers sont souvent orientés vers eux par les banques privées et les spécialistes en gestion du patrimoine.

Dans un cas comme dans l’autre, l’argumentation commerciale repose essentiellement sur les avantages fiscaux de l’assurance-vie dans la succession. Toutefois, ce phénomène risque à terme de faire disparaître les spécificités de ce marché.

Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Fact & Figures, avertit :

Si cela ne devient qu'un levier de défiscalisation successorale, à un moment le gouvernement va dire l'assurance-vie c'est le truc des riches et des très riches, donc maintenant je révise la fiscalité.

Cyrille Chartier-Kastler

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