mardi13avril
Un couple de personnes âgées tout en participant à la formation tout en portant des masques protecteurs pendant l’éclosion de coronavirus.

Sans surprise, les épargnants ont constaté un recul des taux d’intérêts des fonds euros l’an dernier. Capital a récemment analysé la situation avec le fondateur du cabinet Good Value for Money, Cyrille Chartier-Kastler. Pour l’expert, ce bilan était inévitable indépendamment de la crise. Il s’agit en effet du résultat de la stratégie des assureurs pour évincer les fonds euros.

L’année dernière, les fonds euros ont rémunéré à 1,30 % selon la FFA (Fédération française de l’assurance). Le rendement moyen du placement a ainsi baissé de 0,20 % par rapport à 2019. Cette contreperformance vient essentiellement d’un contexte marqué par les taux obligataires bas, selon les spécialistes. La situation a par ailleurs été aggravée par les effets de la pandémie sur la Bourse.

Le CAC 40 a notamment reculé de plus de 7 % l’an dernier. Or, les fonds euros comprennent en moyenne 8 % d’actions. Ainsi, ces supports de placement ont également subi les conséquences du recul des marchés financiers, comme les UC.

Une stratégie déconcertante

Traditionnellement, l’assurance vie est le placement privilégié des épargnants misant sur la sécurité. Ces profils devront désormais trouver un support d’investissement alternatif, selon le fondateur de Good Value for Money. En effet, les assureurs souhaitent se débarrasser des fonds euros depuis quelques années. Ils hésitent toutefois à supprimer brusquement ce produit historique.

Les compagnies d’assurance se contentent ainsi d’encourager les clients à souscrire des unités de compte (UC). Cette stratégie permet notamment d’expliquer la décollecte nette de 24,9 milliards d’euros sur les fonds euros l’année dernière. Les UC, de leur côté, ont atteint 35 % du volume total de la collecte sur cette période.

Le désintérêt pour le fonds euros vient, d’une part, de son coût élevé dû à la Solvabilité II. D’autre part, les taux obligataires sont devenus bien trop bas pour rentabiliser l’investissement. Ce contexte compliqué crée des incohérences dans la démarche de la plupart des assureurs, selon Cyrille Chartier-Kastler.

Les acteurs du secteur continuent en effet de promouvoir les taux avantageux des fonds euros. Pourtant, ils cherchent clairement à s’affranchir de cette offre d’épargne. Les assureurs exigent d’ailleurs un taux de 25 % d’UC minimum sur la majorité des produits grands publics.

Une baisse généralisée difficile à estimer

Le taux d’intérêt publié par la FFA peut sembler intéressant pour les épargnants français. Effectivement, ce rendement dépasse de loin les 0,5 % du LDDS et du Livret A. Cependant, les 1,3 % indiqués représentent seulement une moyenne. En réalité, la rémunération des souscripteurs est souvent inférieure à ce taux médian. Comme l’a noté Cyrille Chartier-Kastler :

Si l’on s’intéresse exclusivement aux fonds euros classiques des contrats d’assurance vie individuels, le taux moyen s’est fixé à 1,08 % en 2020, contre 1,33 % en 2019. Soit un recul de 25 centimes pour la rémunération de cette épargne.

Cyrille Chartier-Kastler

De plus, ces chiffres restent des estimations, selon le spécialiste. En effet, de nombreux assureurs n’ont pas encore communiqué leurs encours pour l’année dernière. Les analystes s’accordent néanmoins sur la tendance générale à la baisse des rendements des fonds euros.

Certains bancassureurs ont déjà annoncé des taux de l’ordre de 0,45 % à 0,70 % pour l’année passée. D’ailleurs, les produits proposés par les banques ont rarement dépassé le seuil des 1 %, d’après l’expert. Les rémunérations ont aussi baissé de 1,09 % à 0,93 % sur les contrats standards. Ces derniers se définissent par des cotisations moyennes de 200 euros par mois, voire moins.

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