jeudi12février
La baisse du rendement des fonds en euros depuis une dizaine d'années déçoit les épargnants. Il est vrai qu'avec une moyenne sans doute guère supérieure à 2,5 % en 2014, le taux apparaît bien modeste même si, avec une inflation muselée, il traduit encore une amélioration du pouvoir d'achat de l'épargne. Mais un nombre croissant d'assurés ne se satisfont plus d'un tel taux : à ce rythme, il faut 28 ans pour simplement doubler la valeur d'un capital.

Comment faire pour améliorer le rendement de son assurance vie ? La réponse, en cette période d'écrasement généralisé des rendements, est simple : il faut privilégier la revalorisation, ou plus-value, sur le rendement, et par conséquent s'orienter vers les bourses d'actions, dont le retour sur investissement (dividendes + plus-value) à long terme oscille autour de 7 - 8 % par an selon les places. Cependant, l'épargnant français est rétif à abandonner le placement sécurisé et aller vers les marchés, pour deux raisons essentielles :

  • Il supporte difficilement la baisse, même temporaire, de son capital ;
  • Ses incursions en bourse sont en général décevantes, car pratiquées à des moments inopportuns.

Des solutions simples existent pourtant pour obtenir avec une quasi-certitude un retour plus élevé que celui du seul fonds en euros. Elles impliquent juste de savoir renoncer à la stabilité du capital à tout moment sur le contrat, ou une partie de celui-ci.


Une première solution est de dédier une proportion limitée du portefeuille aux unités de compte (U.C.) ; en contenant celles-ci à 20 %, on ne peut pas perdre d'argent :

  • rémunérés à 2,75 % l'an (une projection conservatoire à long terme), les 80 % placés en fonds en euros reviennent au capital initial de 100 en huit ans ; celui-ci est donc conservé en valeur nominale, même si les 20 % en unités de compte tombent à zéro ;
  • mais c'est là une hypothèse d'école, car un fonds ne perd jamais l'intégralité de sa valeur ; aucun gérant n'est malhabile au point de ne mettre en portefeuille que des valeurs vouées à la faillite. Le plus probable est qu'au contraire, sur une telle durée, les unités de compte bonifieront le rendement du contrat ;
  • dans l'hypothèse d'une hausse limitée à 5 % l'an des U.C., la valeur du contrat au bout de 8 ans sera de 129,55 % au lieu de 124,24 % avec le seul fonds en euros : le rendement monte ainsi à 3,2 % l'an. Un tel résultat sera atteint avec  des SCPI si l'assuré ne veut pas se risquer en bourse, et ce procédé est très utilisé depuis deux ans ; mais attention : certes bien plus stable que les actions, le capital de l'immobilier n'est toutefois pas garanti !


Bien entendu, plus la progression des U.C. est vive et/ou plus leur proportion est élevée, plus l'écart se creuse. Sur vingt ans et plus, les différences peuvent être spectaculaires.S'il se résout à prendre ce risque très mineur, l'épargnant est toutefois confronté à une seconde interrogation : comment être sûr de ne pas acheter les U.C. trop cher, à la veille d'un retournement boursier, compromettant ainsi les projections ?


Ici intervient la deuxième solution, sous la forme du versement programmé. Celui-ci consiste à investir régulièrement, à date fixe, de manière automatique. Cette procédure présente l'avantage d'exonérer du choix du moment de l'investissement, trop souvent pollué par des considérations psychologiques qui sont à la source de la plupart des erreurs.


En effet, le bilan trop souvent médiocre, voire mauvais, des placements des particuliers sur les marchés est anormal. La plupart des fonds d'actions, sur une période longue (dix ans et plus), battent les fonds en euros, dont beaucoup à plate couture. Comment se fait-il qu'en utilisant des produits dont la performance prouvée dépasse parfois 10 % l'an les épargnants perdent de l'argent ?


Ce paradoxe s'exprime en deux mots : mauvais « timing ». Peu instruits des ressorts boursiers, les particuliers ne s'aventurent qu'avec méfiance sur les marchés et après avoir constaté une hausse prolongée de ceux-ci. Ils sont attirés par une performance qui est derrière eux, et pas forcément devant car ils achètent à un niveau déjà élevé ; et ils s'inquiètent des fluctuations des marchés qui, dès qu'elles sont baissières et un peu durables, les amènent à renoncer à leurs positions. On notera à ce sujet l'extrême singularité du comportement commun sur les marchés financiers, les seuls où le public est enclin à l'achat lorsque le prix est élevé, et où un prix bas joue un rôle de repoussoir : tout le contraire de ce que l'on observe usuellement !


Avec le versement programmé, à échéance mensuelle par exemple, l'épargnant achète parfois cher, bien sûr. Mais il achète aussi dans les creux, lorsqu'un mauvais climat boursier l'aurait dissuadé de le faire spontanément. Sur longue période, son prix de revient va être lissé et, si les positions ne sont pas modifiées, leur progression finira par correspondre aux taux de performance affichés par les gestionnaires, diminués des frais de gestion inhérents au contrat. Cela restera bien supérieur au fonds en euros. Pour être gagnante à coup sûr, cette stratégie :

  • ne dispense pas de la sélectivité dans le choix des U.C., car tous les fonds ne se valent pas et certaines thématiques peuvent connaître des cycles de baisse prolongée ;
  •  exige d'être poursuivie sur longue durée ; mais la pratique enseigne que c'est souvent le cas en assurance vie, où les contrats accompagnent une bonne partie de la vie.


Le versement programmé présente un autre avantage : il est relativement indolore. Investir une somme importante demeure un pari risqué et plus ou moins anxiogène quant au choix du moment d'investir. Accessible avec de faibles sommes, en général 100 € par mois voire par trimestre, le versement programmé est d'un financement bien plus aisé ; l'effort d'épargne, correctement estimé, ne grève pas le budget. Le versement programmé peut aussi se faire de l'intérieur du contrat. Si vous percevez une somme d'argent importante que vous hésitez à investir en une fois sur les marchés, vous pouvez aussi la déposer sur le contrat via le fonds en euros et mettre en place des arbitrages programmés vers les U.C. L'effet obtenu est identique, mais vous percevrez en plus les intérêts versés par le fonds en euros.


Ce mode d'investissement, hautement recommandable, autorise dans la durée la constitution d'un capital substantiel. Ainsi, un versement de 150 € par mois à 5 % (donc avec une prise de risque moyenne), sans même d'apport initial, génère un capital de 122 300 € au bout de 30 ans !

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