jeudi30juillet
C'est décidé, vous allez investir votre épargne, ou du moins une partie, dans des OPCVM : fonds communs de placements ou Sicav, appelés Unités de compte dans votre contrat d'assurance vie. La baisse continue des rémunérations des produits sans risque : livret A, comptes à terme, fonds en euros, qui réclament une vie active ou une vie tout court pour simplement doubler votre capital, vous en a convaincu.

Mais vous manquez d'expérience, et vous engager sur les marchés financiers représente une aventure qui vous inquiète un peu. Voici un petit guide simple qui vous indique les critères à respecter, les choix à définir et les questions à vous poser pour un investissement gagnant.

L'AMF vous guide avant d'investir

Par L'Autorité des marchés financiers

Etre au clair sur ses objectifs

Vous devez bien peser vos besoins et vos échéances. On n'investit pas de la même façon à six mois ou à dix ans, ni pour financer un logement, une création d'entreprise, un complément de retraite ou pour transmettre un capital. Si vous devez récupérer votre argent sous moins de dix-huit mois, tous les conseils qui suivent sont pratiquement sans objet et vous devez vous focaliser sur un placement d'attente très sécurisé. Mais au-delà, fixez bien le but de votre investissement, afin de sélectionner des produits adaptés. Vous devez aussi définir votre tolérance au risque, lequel se confond pour beaucoup d'épargnants avec les variations inévitables des marchés financiers. Si vous êtes réfractaire à la moindre baisse, quittez cette lecture et restez sur des produits administrés ; mais ce serait dommage car aujourd'hui, avec des taux au plancher, il n'est pas très difficile de gagner davantage avec un risque mesuré. Il existe des fonds au couple rentabilité/risque qui vous convient. Le travail de sélection, avec votre conseiller, mais aussi par vous-même avec notamment l'étude des DICI (document d'investissement clé pour l'investisseur, véritable passeport du produit) vous aidera à les trouver. Enfin, sauf bouleversement de votre situation personnelle, tenez-vous à la stratégie et aux objectifs définis. La majorité des déceptions en matière de placement s'explique par des changements intempestifs de tactique. Un placement est comme une plante : si vous la coupez alors qu'elle développe ses feuilles, vous n'aurez pas de fruit. Le temps boursier n'est pas celui de l'émotion.

Diversifier ses investissements

Pour être en phase avec vos attentes, mais aussi pour l'efficacité, vous devez diversifier vos placements. D'abord pour contrôler votre risque, si vous y êtes peu enclin. Commencez par investir environ 15% en-dehors des produits garantis qui vous rassurent (en deçà de cette proportion, vous n'aurez que la frustration de reculs très limités de votre capital, mais sans gain bien visible). Cet apprentissage vaudra auto-examen et vous verrez ensuite si vous vous sentez en mesure d'augmenter ce pourcentage. Ensuite, bien entendu, la diversification porte sur la nature des produits. « Tout sur le 10 dans la troisième » est le meilleur moyen de perdre votre mise et est à proscrire, même et parfois surtout si on vous l'a fortement conseillé. Vous répartirez vos placements dans différentes classes d'actifs : produits de taux, actions, pierre-papier, métaux précieux, etc., et sur différentes places, au moins à l'intérieur de la zone euro si vous ne voulez pas ajouter un risque de devise. Si les montants dont vous disposez sont limités pour envisager une diversification par vous-même, optez pour des fonds mixtes, souvent appelés flexibles, sur lesquels le gérant fera pour vous les arbitrages qu'il juge nécessaires.

Suivre ses positions

Une fois vos investissements effectués, il importe de les suivre dans le temps. Non pas au jour le jour, ce qui est inutile dans le cas de placements via des Opcvm, mais à un intervalle relativement fréquent, à resserrer dans les phases de perturbations des marchés ; l'objectif n'est pas ici de changer de monture, mais de vérifier si le comportement des produits est bien conforme à ce que l'on peut en attendre en pareil cas. In fine et en cas de divergence, on pourra arbitrer. Autant il est déconseillé de bouger sans arrêt ses lignes, ce qui est source d'erreurs et génère parfois des coûts supplémentaires, autant il faut savoir vendre un placement qui ne répond plus aux objectifs de départ. On ne peut définir de fréquence a priori pour modifier ses positions, ce qui dépend de plusieurs paramètres. Mais si les changements fébriles sont à l'origine de désillusions, à l'inverse un portefeuille inchangé en cinq ans a peu de chance de demeurer optimal.

Prendre de la distance et rester constant

Une fois le portefeuille constitué, il faut garder du recul sur les évènements extérieurs et, autant que possible, distinguer ce qui relève du changement de cycle –justifiant ainsi une modification en profondeur du placement- de ce qui est l'humeur à court terme des marchés, fréquemment changeante mais sans incidence durable. Nombre d'investisseurs s'inquiètent à la moindre secousse, d'autant que les médias sont prompts à utiliser un vocabulaire qui dramatise les baisses : une séance à -2% prend vite un parfum de krach, et trop d'épargnants se défont alors précipitamment de leurs positions, ratant le rebond consécutif. De nombreuses études ont démontré l'inconvénient de n'être pas investi lors des cinq ou dix meilleures journées boursières ; ainsi, sur la période 01/01/2005 – 31/12/2014, soit dix ans, l'investisseur absent des cinq meilleures séances de l'EuroStoxx 50 obtient une performance inférieure de 37%, et de 53% pour les dix meilleures, à celui qui est resté investi (source : Morningstar). L'émotion est très mauvaise conseillère; prenez de la distance, analysez les évènements et sachez tenir vos positions.

Savoir rester à l'écart de la meute

Méfiez-vous par principe des grands mouvements dans lesquels tous les investisseurs s'agglutinent ; par exemple, le marché chinois au début 2015, où une nation entière a confondu bourse et casino... Les grands engouements, qui poussent les cours très hauts, ne parviennent la plupart du temps à la connaissance de l'épargnant que très tard. L'achat ne donne alors qu'une sensation éphémère de gain facile, avant une dégringolade brutale. L'impression de gagner à tout coup doit vous interpeller. L'histoire démontre toujours qu'un enrichissement à 30% l'an et davantage n'est pas durable. De telles phases de réajustement se constatent régulièrement, mais dans une relative discrétion. Dès lors que cela devient un mouvement de masse, qui pousse les cours trop haut, l'issue douloureuse est prévisible. Bien que certains gérants excellent dans l'art de surfer sur les tendances, il est à noter que beaucoup des fonds qui livrent sur la distance les meilleures performances sont gérés selon les principes contrariants. Leurs gérants se tiennent largement à l'écart des envolées de masse pour rechercher les valeurs victimes de désintérêt, afin d'être positionnés dès le départ de leur réhabilitation boursière. Gardez toujours à l'esprit l'axiome de Warren Buffett : « soyez craintif quand les autres sont avides ; soyez avide quand les autres sont craintifs ».

Ne pas extrapoler les gains

Vous le lisez sur tous les documents : les performances passées ne préjugent pas des futures, quels que soient la classe d'actif, le secteur ou la localisation géographique. Regardez d'un oeil critique les fortes progressions, au lieu de céder à l'envie de sauter dans un train qui va ralentir, voire repartir en arrière. Si vous êtes tenté par une valeur qui vient de monter de 50%, dites-vous bien que cette plus-value n'est pas pour vous mais pour celui qui vous vend le titre... Vous partez de zéro à chaque fois, et il faut être attentif au potentiel et non au parcours récent.

Attention aux phénomènes de mode !

Toujours dans le même esprit, méfiez-vous des modes boursières, qui tirent les cours à l'extrême et sont suivies de longues périodes d'abandon : ainsi dans un passé récent les TMT* en 1999-2000, les énergies renouvelables en 2005, ou les bancaires en 2007, qui pour beaucoup restent loin des cours de l'époque... quand les valeurs n'ont pas disparu ! Restez lucide aussi vis-à-vis de ce que l'on présente comme des fonds ou des gérants « stars », un statut que les intéressés n'ont pas nécessairement réclamé et qui peut se révéler encombrant car générant des afflux de capitaux perturbateurs. Il n'existe pas d'exemple que, quel que soit son talent, un gérant –ou une société de gestion- reste en permanence sur le podium ; quelques passages moins favorables sont inévitables dans une vie de gérant et ils suivent souvent les moments d'euphorie. Le fonds star d'une année, surtout s'il s'est appuyé sur une zone ou un secteur étroits, présente un risque statistique non négligeable de se retrouver en bas de classement l'année suivante.

La spéculation, un art difficile... et dangereux

Malgré les tentations si vos premiers pas se sont avérés positifs, évitez de spéculer, c'est-à-dire de vouloir jouer des mouvements de très court terme, ou de vous aventurer sur des vecteurs ou marchés peu transparents. Des enquêtes démontrent que près de 9 « day-traders »** sur 10 finissent par perdre de l'argent. Sur certains marchés mal réglementés, la proportion est plus élevée encore. Evitez aussi les titres trop volatils, qu'une nouvelle imprévue peut faire chuter d'un quart en quelques secondes. En assurance vie, la spéculation est contre-productive car vous traitez à cours inconnu et il peut se passer bien des évènements entre votre ordre et son exécution ; en titres vifs, cela peut avoir des effets dévastateurs, plus fréquents hélas que les gains. Avant tout, sachez limiter votre risque et votre perte possible à votre mise de fonds. Les produits dérivés ou à appel de marge où la perte potentielle n'est pas plafonnée sont réservés aux investisseurs extrêmement aguerris... et suffisamment fortunés pour pouvoir y faire face !

Fuir les mirages des gains trop rapides

Enfin, ne cédez pas aux promesses mirifiques, même si elles ont toutes les apparences du sérieux. Ayez bien conscience de la hiérarchie des rendements : à la mi-2015, les taux à court terme du marché monétaire oscillent autour de zéro, l'Etat français s'endette vers 1% à dix ans, les dividendes d'actions sont de 3% environ. Les Scpi d'entreprise distribuent de l'ordre de 5% annuels, ce qui semble le maximum combinable avec un risque modéré en capital. Des rendements supérieurs sont bien entendu possibles, mais ils comportent un risque rapidement croissant sur la valeur du placement, et vous ne les constaterez qu'a posteriori. Par conséquent, ne considérez des promesses de rendement élevé qu'avec la plus extrême circonspection : votre capital y est vulnérable, et trop souvent en danger avéré. Ne souscrivez jamais sans avoir étudié à fond la proposition et vous être entouré de conseils indépendants. L'appât du gain ruine chaque année trop d'épargnants crédules. Souvenez-vous toujours que la maison Madoff présentait tous les aspects de la respectabilité !


*Acronyme de « Technologie – Médias – Télécoms »** Le « day-trading » est une technique boursière consistant à ne prendre que des positions très courtes, à l'intérieur d'une même journée de cotation. En principe, le day-trader clôture toutes ses opérations en fin de séance ; chaque jour est donc un recommencement.

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