vendredi25septembre
Lancé en 2003, le Plan d'Epargne Retraite Populaire n'a longtemps rencontré qu'un succès d'estime, victime sans doute de sa sortie obligatoire en rente. Après quelques amendements par le législateur, il opère depuis deux ans un retour en grâce remarqué, dopé par la hausse de la fiscalité et les incertitudes sur l'avenir des retraites. Le public qui l'avait plus ou moins boudé découvre ses charmes discrets, plus nombreux qu'on ne le pense.


En bref, le PERP est un contrat d'assurance associé à une enveloppe fiscale. Il reçoit les capitaux du souscripteur, plafonnés à un certain montant annuel en fonction de son revenu. L'argent déposé librement – les cotisations sont facultatives une fois le PERP ouvert – fructifie durant la phase d'épargne jusqu'à la retraite du titulaire, ou même jusqu'à ses 70 ans*.Le capital accumulé est alors transformé en rente viagère jusqu'au décès du titulaire, et peut faire l'objet d'une réversion. Voilà pour le principe. Mais pourquoi le PERP fait-il aujourd'hui un nombre croissant d'adeptes ?


Un supplément sûr de retraite

Les perspectives maussades, voire inquiétantes, des régimes complémentaires de retraite sont une première raison. Un complément en capital rassure, et le PERP est un bon outil pour cela, d'autant qu'il est ouvert tôt : ainsi, un effort d'épargne limité à 100 € mensuels pendant 30 ans, rémunéré au taux peu ambitieux de 3 % l'an et sans versement initial, fournira au terme un capital proche de 58 000 €, générant à 65 ans une rente à vie de l'ordre de 2500 € annuels ; sur la même période, 200 € mensuels à 4,50 % l'an, en prenant un risque limité, produiront près de 150 000€, et une rente supérieure à 500 € mensuels. On voit ainsi qu'un effort d'épargne assez modeste sur longue période améliore substantiellement le revenu à la retraite par la vertu de la capitalisation. Il a été reproché au PERP de ne permettre que la sortie en rente. Or, cette dernière ne manque pas d'atouts. Certes, le capital n'appartient plus au souscripteur ; mais la certitude d'un revenu automatique et garanti jusqu'à la fin de ses jours, avec une revalorisation régulière, à un âge où l'on ne désire plus toujours s'encombrer de soucis de gestion, ou que la dépendance menace, représente un avantage de plus en plus prisé.


Un régime fiscal avantageux

Cependant, d'autres placements procureront le même résultat. C'est ici qu'intervient l'avantage fiscal décisif du PERP. En effet, les sommes logées dans un PERP viennent en déduction du revenu imposable. L'impôt s'en trouve donc minoré, d'autant plus que le revenu est important et taxé dans une tranche élevée. C'est là d'ailleurs un reproche communément adressé au PERP : il est plus particulièrement favorable aux hauts revenus, ceux-là mêmes qui subiront une chute importante lors du passage à la retraite. L'avantage fiscal peut aller jusqu'à 45% du versement ! Ce n'est pas tout : s'agissant d'une déduction, le versement échappe au plafonnement de 10 000 € par an des avantages (« niches ») fiscaux accordés aux réductions d'impôt, auxquels il peut se cumuler. D'autre part, les sommes épargnées dans un PERP ne sont pas déclarables à l'ISF car non rachetables, et le capital accumulé y échappera également si l'effort d'épargne s'est étalé sur au moins quinze années. Attention toutefois : la rente issue d'un PERP est fiscalisée comme un revenu de droit commun, après abattement de 10 %. L'impôt éludé au départ est en quelque sorte différé. De ce fait, la souscription d'un PERPne trouve une pleine justification que si le taux marginal d'imposition est inférieur à la retraite à ce qu'il était pendant la vie active.


Une souplesse d'utilisation remarquable

De nombreux détails peuvent ajouter à la séduction du PERP. Le règlement du produit est moins rigide qu'on ne l'a décrit. La récupération du capital, pendant la phase d'épargne, est possible dans plusieurs cas d'accidents de la vie ; au terme, on l'a vu, le souscripteur peut demander à reprendre jusqu'à 20 % de l'épargne accumulée sous forme de capital, avec une fiscalité préférentielle. Il peut même, dans le cas d'une première acquisition de résidence principale, retirer son capital pour financer celle-ci. La possibilité de réversion, à adopter lors de la mise en place de la rente, est un moyen de sécuriser ses proches. Enfin, le PERP est un produit souple dans sa gestion. Contrairement à son homologue Madelin, réservé aux travailleurs non salariés, l'alimentation régulière ou annuelle du PERP, bien que recommandée, n'est en rien obligatoire. Le mode de gestion est libre, chacun optant pour les vecteurs d'épargne de son choix ; cependant les assureurs proposent de façon facultative une gestion à sécurisation progressive en fonction de la date prévue de la retraite, qui exonère le souscripteur de tout souci d'arbitrage. On n'est pas prisonnier de son PERP puisqu'il est possible d'en ouvrir un nombre non limité, et à l'inverse, le PERP est transférable chez un assureur différent, gratuitement au-delà de dix ans, et fongible dans un autre PERP.


Bien entendu, les charmes du Perp ne vont pas sans quelques contreparties, évoquées dans ce texte. Les atouts de ce produit, si on veut bien les étudier, l'emportent néanmoins largement sur ses inconvénients.


*Le départ en retraite ne constitue pas une obligation de mobiliser la rente. Les retraités peuvent continuer à cotiser, leur versement étant alors limité au minimum annuel de 10% du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 3130 € en 2015. Les assureurs obligent à la liquidation de la rente autour de 70 ans.


Achevé de rédiger le 25/09/2015

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