jeudi05octobre
Signe de l'euro

Depuis un certain temps, l’intérêt de l’assurance-vie est remis en question, notamment à propos de son fameux support, le fonds en euros. L’année dernière, les épargnants s’inquiétaient au sujet du blocage de leur fonds en euros en cas de forte hausse des taux obligataires, conformément à la loi Sapin2. À l’heure actuelle, les épargnants deviennent anxieux à propos d’un futur durcissement fiscal des épargnes. Voici les explications livrées par Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures.

À titre comparatif, le livret A enregistre une collecte nette de 10,58 milliards d’euros au début de l’automne, contre 4,2 milliards d’euros (nets de rachats) pour les assurances vie, sur la même période. En d’autres termes, cette dernière semble perdre sa place par rapport au livret A. En revanche, les fonds en euros génèrent les trois quarts des 1.662 milliard d’euros gérés en assurance-vie.

Rappelons que celle-ci possède de nombreux points communs par rapport au livret A, notamment à propos des garanties et de la possibilité de récupération à tout moment. Notons également que cette forme d’épargne offre des conditions avantageuses en cas de succession.

Une tendance baissière incessante de la rentabilité

Depuis une décennie, la rentabilité moyenne des fonds en euros régresse considérablement selon la FFA, Fédération française de l’assurance. L’année dernière, celle-ci s’est établie à 1,8% (taux brut d’inflation, de frais sur primes et de prélèvements sociaux).

À ce sujet, Cyrille Chartier-Kastler prévoit que cette rentabilité va encore diminuer pour cette année avec un taux moyen probable de 1,48%, ce qui semble évident.

Cependant, malgré la faiblesse du niveau de l’inflation évalué à hauteur de 0,7%, le PEL à 1% et le livret A bloqué à 0,75%, le taux moyen servi au niveau des fonds en euros garde ses performances concurrentielles. De plus, le support en euros demeure un placement sécurisé avec un rendement annuel définitivement acquis.

Rappelons toutefois l’importance des disparités entre les contrats, étant donné que certains d’entre eux dépassent la limite des 2%. En 2011 et 2012, les fonds en euros ont enregistré un taux de 0,9% net d’inflation.

À titre de rappel, la majorité des capitaux en fonds en euros qui sont investis en emprunt d’État et pour les entreprises sont composés respectivement par 33% et 39% des portefeuilles des compagnies d’assurances en 2016.

À travers la régression continuelle des taux servis par les fonds en euros, enregistrée depuis 2013, les assureurs ont été obligés de réinvestir, à des niveaux de rendement nettement faibles, une partie importante des montants collectés. Les compagnies doivent alors travailler avec cette instabilité de leurs portefeuilles obligataires.

Une rentabilité moyenne brute de 3 %

Malgré tout, Cyrille Chartier-Kastler reste optimiste face à la situation actuelle des fonds en euros. Il confirme que la rentabilité moyenne brute des actifs généraux atteint encore le niveau des 3%.

La plupart des prévisionnistes estiment que la courbe des taux « se repentifie », légèrement. Ainsi, les compagnies ont la possibilité d’adapter la gestion des actifs en fonction de cette évolution. Cyrille Chartier-Kastler continue son explication et affirme que :

Pour maintenir des rendements nets d'inflation positifs suffisamment concurrentiels avec ceux d'autres produits de taux, ils piocheront dans leur provision pour participation aux bénéfices (PPB).

Cyrille Chartier-Kastler

À titre informatif, le PPB permet aux assureurs d’économiser une partie des revenus générés par la gestion du fonds en euros en assurance vie, avant de la redistribuer auprès des assurés dans les huit ans qui suivent ce blocage.

L’année dernière, ce PPB s’élève à 3,1% des encours sous gestion selon la FFA. Le fondateur du site goodmoneyforvalue indique que :

Nous pensons que la PPB, sera de nouveau dotée cette année, elle pourrait représenter 3,3 % des encours en moyenne, ce qui équivaut à un surplus de 33 centimes de rendements pendant dix ans.

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