Les détenteurs de contrat vie en euros font face à l’avenir incertain de leur placement

Détenteurs contrat vie euros avenir incertain

Avec la fin de l’année vient l’heure des bilans. C’est dans cette vision que bon nombre d’analystes se lancent dans les prévisions pour les rendements de certains placements. Parmi elles, la rémunération moyenne de l’assurance-vie en euros se trouve au centre de leur attention. Il faut dire que celle-ci n’a de cesse de diminuer depuis quelque temps. Et sa future remontée est encore incertaine.

L’environnement des taux d’intérêt bas instauré par plusieurs banques centrales, notamment celle de l’Europe, afin de relancer l’économie a eu raison des rendements de certains produits d’épargne, surtout ceux à capital garanti. Les supports en euros de l’assurance-vie ne font pas exception à la règle. Leur rémunération ayant continuellement baissé ces dernières années.

D’après les perspectives des experts, ce placement sécurisé sera encore moins bénéfique cette année qu’en 2017, et il n’est pas certain que 2019 ne se présentera pas sous un meilleur jour à cause du repli des marchés financiers. Sans parler de l’inflation qui rognera également les moindres profits générés.

Reste alors à espérer que les assureurs maintiendront les rendements à flot, d’autant qu’ils en ont les moyens.

Une tendance baissière accompagnée d’incertitudes

La majorité des placements en assurance-vie sont constitués de fonds en euros. Cette tendance s’explique par les investissements sécurisés garantissant le capital, notamment dans des dettes publiques. Ces supports ont toutefois des inconvénients, si l’on ne cite que l’enlisement constant de ses rendements, dont les taux bas mis en place par les institutions en charge de la politique monétaire de certains pays.

Selon l’expert en notation Fitch, la rémunération des supports en euros n’évoluera pas encore cette année. Interviewé par l’AFP, le président du cabinet d’études Facts and Figures, Cyrille Chartier-Kastler, est également du même avis. Il prévoit même une régression :

« Notre hypothèse de rendement moyen en 2018 est de 1,6%, soit une légère baisse par rapport au taux de 1,8% en 2017 ».

Cyrille Chartier-Kastler

La vision de l’homme fort du Cercle de l’épargne, Philippe Crevel, s’étend jusqu’à l’année prochaine où il reste ambigu sur la façon dont les choses vont évoluer. Pour lui :

« L’incertitude est forte quant à l’évolution de la conjoncture. [...] Si la situation ne s’améliore pas, on serait plutôt sur une baisse, ça se jouerait aux alentours de 1,5%. Et si la situation se rétablit, on pourrait rester autour de 1,6% ou 1,7% sur 2019. Il y a une incertitude liée à la situation économique et sociale ».

Philippe Crevel

À ce directeur d’expliquer l’effritement de la performance de ces supports en euros :

« Ce qui va jouer contre le rendement de l’année 2018 par rapport à l’année 2017, c’est aussi que les marchés financiers sont plutôt en baisse, là où l'on avait eu une augmentation de 8% à 9% l’année dernière pour le CAC 40 ».

Philippe Crevel

Maintenir les taux autour de l’inflation

L’inflation vient s’incruster dans l’évolution des rendements des fonds euros. À noter que celle-ci a toujours été inconséquente auparavant étant donné son taux faible par rapport aux rémunérations des placements. Mais les donnes ont changé depuis quelques mois. Et en dépit de sa légère modération le mois dernier (1,9% contre 2,2% en octobre), elle se trouve tout de même à un niveau élevé.

Le délégué général de l’association de consommateurs CLCV, François Carlier, ne cache pas ses inquiétudes sur la rentabilité de l’assurance-vie qui va se trouver au-dessous de zéro à défaut de remontée des taux. Philippe Crevel, quant à lui, se montre plus optimiste en ce qui concerne la réactivité des établissements d’assurances. D’après lui :

« Mon analyse c’est que les assureurs vont essayer de maintenir le rendement autour du taux d’inflation, aux alentours de 1,7% ou 1,8%, quitte à puiser dans leurs réserves ».

Philippe Crevel

Ce qui est d’ailleurs parfaitement faisable étant donné les marges bénéficiaires auxquelles ces enseignes s’attribuent. En effet, les placements devraient rapporter largement plus que le taux proposé aux contractants.

Archives

Back to top