Les détenteurs de contrat vie font face à un effritement continuel de leur rendement

Détenteurs contrat vie effritement continuel rendement

Les épargnants n’ont jamais été confrontés à des taux de rendement aussi bas que ces derniers temps. Les détenteurs de contrat vie en euros notamment, étant donné que leur placement rapporte un peu moins d’année en année. Alors que les prix à la consommation, eux, ont affiché une tendance haussière depuis quelques mois. Ce qui pourrait même emmener à une perte sur le capital. D’autant que le phénomène n’est pas près de s’arrêter.

L’année 2018 peut être qualifiée de millésime pour les contrats vie en comparaison à la tendance de l’année dernière, avec leur encours majoré de 1%, s’estimant à quelque 1 700 milliards d’euros. Cette performance n’empêche pas pour autant les contractants de se poser des questions sur le devenir de leur placement, notamment ceux qui ont investi dans des supports en euros.

Leur inquiétude est sans conteste légitime face à la rétrogradation constante de la rémunération de ce placement sécurisé. Celle-ci s’est d’ailleurs abaissée à 1,6% cette année, ne recouvrant plus l’inflation malgré sa modération au mois de novembre. Tous les concernés s’attendent aujourd’hui à l’évolution de la situation, mais encore faut-il espérer une stabilité socio-économique.

Les fonds en euros lourdement impactés par la politique des taux bas

Afin de stabiliser l’inflation et relancer l’économie dans chaque pays, bon nombre de banques centrales ont pratiqué une politique de taux d’intérêt bas durant plusieurs années. Ce contexte a eu raison des rémunérations de certains placements financiers, entre autres les contrats d’assurance-vie en euros. Ces derniers ont, en effet, vu leur rendement s’amenuiser continuellement.

Deux établissements experts en étude et notation financière, le cabinet Facts and Figures et l’agence Fitch Ratings, ont été du même avis concernant la tendance baissière des intérêts générés par ce placement. Interviewé par l’Agence France-Presse (AFP), Cyrille Chartier-Kastler, président de l’enseigne new-yorkaise déclare alors que :

Notre hypothèse de rendement moyen en 2018 est de 1,6%, soit une légère baisse par rapport au taux de 1,8% en 2017.

Cyrille Chartier-Kastler

Une situation socio-économique instable

L’instabilité socio-économique joue un rôle prépondérant dans l’évolution du rendement de l’assurance vie en euros. Or, l’on rencontre aujourd’hui une régression des marchés financiers. Comme l’annonce Philippe Crevel, qui se trouve à la tête du Cercle de l’épargne, en ces termes :

Ce qui va jouer contre le rendement de l'année 2018 par rapport à l'année 2017, c'est aussi que les marchés financiers sont plutôt en baisse, là où on avait eu une augmentation de 8% à 9% l'année dernière pour le CAC 40.

Philippe Crevel

Parallèlement, l’inflation ne fait qu’empirer les choses, car il va sans dire que la hausse des prix à la consommation impacte lourdement sur le pouvoir d’achat de la population, tout en rongeant les profits découlant des épargnes des ménages. Et il se trouve qu’elle n’a de cesse de remonter depuis plusieurs mois d’affilée pour s’établir à 2,2% en octobre.

Si une baisse a été toutefois constatée le mois dernier, à 1,9%, les rendements des assurés demeurent dans le rouge. Le délégué de l'association CLCV, en faveur des consommateurs, François Carlier, a d’ailleurs émis son inquiétude face à cette situation :

Si les assureurs n'augmentent pas les taux servis sur l'assurance vie, les rendements vont devenir négatifs.

François Carlier

Et il n’est pas encore certain que 2019 se pointera sous un meilleur jour. À Philippe Crevel de temporiser :

L'incertitude est forte quant à l'évolution de la conjoncture. [...] Si la situation ne s'améliore pas, on serait plutôt sur une baisse, ça se jouerait aux alentours de 1,5%. Et si la situation se rétablit, on pourrait rester autour de 1,6% ou 1,7% sur 2019. Il y a une incertitude liée à la situation économique et sociale.

Philippe Crevel

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