Les réactions des Français face aux produits d’épargne risqués ont évolué au fil du temps

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Les Français sont les champions de l’épargne, mais ils se démarquent surtout par leur aversion aux risques. Sauf que ce sentiment est aujourd’hui en train de s’évoluer. De plus en plus d’épargnants acceptent l’idée d’investir dans des supports plus aventureux, notamment dans les unités de compte qui laissent pourtant les fonds s’exposer à des marchés d’actifs instables.

La majorité des Français n’acceptent qu’un risque faible pour leur épargne si certains n’en autorisent même aucun. Cette frilosité les laisse s’accommoder avec les placements sécurisés et stables dont la plupart n’offrent qu’une piètre rémunération, voire négative après que l’on a déduit la fiscalité et l’inflation.

Toujours est-il que ce comportement s’est quelque peu amélioré ces deux dernières années quoique les changements aient été plus marqués en 2018. Si les fonds en euros à capital garanti demeurent toujours très appréciés, les investissements en unités de compte intéressent davantage les assurés.

Et le mode de gestion du placement a également évolué par rapport aux préférences de 2017. Ils sont en effet plus enclins à déléguer la gestion de leurs supports ou encore à déployer des moyens digitaux pour leur placement.

Les contrats vie, les chouchous des Français

Outre les livrets réglementés qui offrent la sécurité de leurs fonds aux Français, l’assurance vie est également très affectionnée. Les chiffres révélés par la plateforme Assurancevie, suite à l’enquête menée par le cabinet Ipsos, en sont une preuve irréfutable. De fait, près d’un épargnant sur deux, 49% plus exactement, dispose d’un contrat vie en 2019 dans l’Hexagone si le ratio était de 46% deux années auparavant.

Et si l’essor du digital n’a pas réussi jusqu’ici à rafler la part du marché des agences bancaires lors des souscriptions de contrat, leurs services ne sont plus vraiment aussi satisfaisants qu’avant. À savoir, 56% des sondés ont déclaré en être comblés contre 70% par les mutuelles, 68% par les conseillers indépendants en gestion de patrimoine et 68% également par les distributeurs en ligne.

Sur ce dernier point, il est à noter que 17% des Français prévoient de souscrire une assurance-vie sur internet s’ils étaient estimés à 12% seulement en 2017. D’ailleurs, 10% sont réellement passés à l’acte contre 5% deux ans auparavant.

L’aversion au risque ne serait plus vraiment d’actualité

Il n’est plus à redire que la sécurité prime la rentabilité pour la majorité des Français. Les résultats du sondage Ipsos/Assurancevie récemment publié l’ont prouvé sciemment. En effet, 59% des assurés ont trouvé leurs fonds en euros conformes à leurs attentes. Et ce, en dépit de l’effritement de leurs rémunérations dont la moyenne s’est repliée jusqu’à 1,8% l’année dernière alors que l’inflation a repris son galop pour atteindre le même niveau.

Quoi qu’il en soit, il convient d’admettre que les produits à risque, mais plus rémunérateurs commencent à gagner du terrain. Les unités de compte, notamment, qui permettent d’investir dans des actions, des obligations, des OPCI, des SCPI ou même des ETF, ont vu augmenter leur intérêt.

Si moins d’un quart (24%) des détenteurs d’assurance-vie ont opté pour ce type de placement en 2017, leur proportion a progressé de 7 points deux ans après (31%) tandis que plusieurs nouveaux investisseurs sont encore attendus (12% des sondés).

Pour ce qui est du mode de gestion des fonds, la délégation totale semble être actuellement en vogue (15% contre 11% en 2017) sinon les épargnants ont préféré se pencher sur un choix extrême, c’est-à-dire gérer eux-mêmes leur placement (35% contre 34%). Si bon nombre d’investisseurs ont opté pour la gestion conseillée il y a deux ans (54%), beaucoup ont changé d’avis depuis, à raison de 7 points de pourcentage (47% en 2019).

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