jeudi23février

Après le Japon, on part un peu plus à l'Ouest pour tutoyer l'Europe et se rendre en Russie. Cet immense état-continent a connu deux années difficiles avec l'effondrement des cours du pétrole et les sanctions occidentales consécutives à la crise en Ukraine. Mais le plus dur est passé à en croire les prévisions d'économistes. La Russie devrait prendre le chemin de la croissance dès cette année.

    Reprise fragile

    La Russie est le plus vaste état du monde avec un territoire qui s'étend sur 17 millions de mètres carrés, soit une superficie qui couvre 33 fois celle de la France. Entre 1917 et 1991, la Russie qui était alors à l'époque l'URSS, ne constitue alors qu'un seul État. Moyens de production, prix, tout était contrôlé par le Parti communiste à travers un système centralisé d'administration économique. En 1928, les communistes décident d'industrialiser l'URSS pour en faire un grand pays industriel capable de rivaliser avec les pays d'économie capitaliste. L'URSS devient une grande puissance industrielle, mais restait en retard dans les domaines de l'industrie légère et des biens de consommation. Jusqu'en 1991. Le développement économique fut alors guidé par une série de plans quinquennaux, avec comme objectif affiché de rattraper les économies occidentales et de tenir la dragée haute à l'ennemi américain. Mais revers de la médaille, la période de la guerre froide aura fait subir au bloc soviétique un isolement du reste du monde. De plus, économiquement épuisé par ce conflit, le modèle économique soviétique montrera ses limites à partir de la décennie 70 et atteindra un seuil critique dans les années 80. L'ébranlement de l'empire soviétique se met progressivement en place jusqu'à exploser au début de la décennie 1990. L'héritage de la période communiste a donc été difficile à gérer pour Boris Eltsine, le nouveau président post-période soviétique. Autre fois la force de l'URSS, le secteur industriel est aujourd'hui le talon d'Achille de cette nouvelle Russie.

    Ce qui fait qu'aujourd'hui, l'économie russe se révèle peu diversifiée et s'appuie essentiellement sur l'exploitation des ressources naturelles que recèle le pays : on parle d'économie de rente. La Russie est aujourd'hui dépendante de ses ressources naturelles tandis que son secteur tertiaire de son côté est sous-développé. Avec près d'un tiers des recettes du budget consolidé liées aux hydrocarbures, les finances publiques russes demeurent très sensibles aux chocs externes.

    Au cours des 20 dernières années, l'économie russe a souffert d'une inflation persistante, supérieure à 10% jusqu'à 2008. Et les deux dernières années ont été compliquées pour le pays. Englué dans un conflit avec son voisin ukrainien, la Russie a vu son économie a vu se contracter de 3,7% en 2015, conséquence des sanctions liées au conflit et de la chute très violente des cours du pétrole, la principale source de revenus avec le gaz pour le budget russe. Face à cette crise, la Russie a lancé un plan de réformes structurelles qui pour l'instant tarde à porter ses fruits. Et pourtant, le pays a limité la casse l'an dernier. Le Produit intérieur brut de la Russie s'est contracté de 0,2% sur un an en 2016, un résultat supérieur aux prévisions des autorités et des analystes. Et pour 2017, les économistes tablent sur une reprise d'environ 1,5 %. Elle reste toutefois encore conditionnée à une faiblesse du rouble, favorable aux exportations et à une reprise de la consommation, gros point noir de l'économie russe. Les ménages ont en effet été touchés de plein fouet par la crise avec un pouvoir d'achat qui, en deux ans de crise, a chuté de près de 9%. Reste à inverser la vapeur...

    Une bourse qui évolue au son du pétrole

    Sur le marché boursier de Moscou, l'indice RTS Index est l'indice représentatif des 50 plus grosses entreprises russes cotées. Sur l'ensemble du RTS Stock russe, ces 50 actions sont les plus échangées. Les composants de l'indice sont révisés tous les trois mois par le Comité RTS d'information. Son fonctionnement ressemble au Dow Jones américain. L'impact des changes sur la bourse russe se traduit d'ailleurs dans la performance de l'indice RTS. La Bourse de Moscou est essentiellement composée de valeurs pétrolières et minières. Une surexposition qui est à double tranchant : en 2015 au plus fort de la crise et un pétrole au plus bas, l'indice est revenu sur ses plus bas sous les 600 points. Deux ans plus tard, avec le rebond des cours du pétrole et des perspectives économiques plus encourageantes, la Bourse russe a été multipliée par deux à 1200 points. On est loin du dernier sommet de l'indice RTS Index, sur les 2100 points, qui correspond d'ailleurs au pic atteint en septembre 2011 par les cours du pétrole.

    En tête, de cet indice finalement orienté "matières premières", on retrouve Gazprom, leader mondial du gaz naturel, solidement tenu en main par l'État russe (40% de flottant). En deuxième place, figure Lukoil, le numéro un russe de l'industrie pétrolière, pour 13,9% du panier et 67% de flottant. Lukoil se revendique comme la deuxième compagnie au monde en termes de réserves prouvées, derrière ExxonMobil. Rien que cela... On peut revenir sur Rosneft, un groupe qui est la chasse gardée du gouvernement russe. Cette société est devenue le premier raffineur national après avoir fait main basse sur le géant privé Ioukos.

    Le prochain poids lourd de la place russe a un nom assez compliqué : Surgutneftegas, un autre leader pétrolier formé dans les années 90 par la fusion de diverses entreprises d'Etat sibériennes. Toujours dans l'univers des matières premières, on peut également citer Norilsk Nickel, premier producteur au monde de nickel et de palladium. Les bancaires ont également leur place parmi cette écrasante liste de valeurs pétrolières et gazières. On peut citer, Sberbank, la première banque russe. La crise en Ukraine est actuellement en train d'affaiblir ce géant aux pieds d'argile, le groupe étant également pénalisé par la hausse des provisions pour créances douteuses liées au ralentissement économique en Russie. Tout comme pour la banque VTB, le second établissement bancaire de Russie.

    Les services aux collectivités sont également bien présents dans le compartiment russe comme RusHydro ou FGC UES ou bien MRSK Holding. On retrouve aussi des valeurs liées au secteur de la consommation comme Magnit, une entreprise russe de la grande distribution. Elle est le leader sur le marché russe en nombre de magasins ou Mobile TeleSystems qui figure parmi les principaux opérateurs de télécommunications mobiles russes. On peut également citer Aeroflot, la compagnie aérienne principale et la plus importante de Russie. Elle est également l'une des plus anciennes au monde. Si la Russie est actuellement une destination à risques pour les touristes, vous pouvez toujours prendre votre billet avec une action Aeroflot.

    Convaincus par les charmes de la Russie ? Vous avez l'embarras du choix pour mettre ce pays dans votre portefeuille. Retrouvez notre sélection ici

    Trois chiffres
    ?Plus vaste état du monde avec un territoire qui s'étend sur 17 millions de m²
    ?-3,7% de PIB en 2015
    ?Indice boursier multiplié par deux en un an







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