Un autre portefeuille en « run-off » a été vendu par Generali afin de booster sa solvabilité

Portefeuille run off vendu par generali

Le remue-ménage est au rendez-vous depuis quelque temps au sein du groupe Generali. L’assureur vie italien entreprend en effet plusieurs cessions, à commencer par sa filiale d’outre-Rhin. Et un autre a suivi les traces de celle-ci, s’agissant cette fois-ci d’un portefeuille fermé à la commercialisation de sa succursale britannique. Une initiative qui devait relâcher un peu la pression sur sa solvabilité.

L’arrêt de commercialisation des portefeuilles d’assurance-vie est devenu une pratique courante sur le marché britannique. Les opérations d’acquisition y sont de ce fait multiples depuis un certain temps, si l’on ne cite que le rachat d’un portefeuille de rentes de plusieurs milliards de livres par Rothesay Life et la reprise de la branche d'assurance de Standard Life Aberdeen par Phoenix Group.

Tout récemment, l’un des leaders européens en matière d’assurance Generali a annoncé la vente d’une enveloppe gérée en « run off » de son enseigne installée au Royaume-Uni. Et il se trouve que cette opération n’est pas une grande première pour ce groupe qui venait à peine de finaliser la cession de sa filiale allemande, dont la situation est semblable à l’autre.

Une marge bénéficiaire limitée en raison des taux bas

Le contexte des taux bas impacte négativement non seulement sur les rendements des produits d’épargne, notamment les supports en euros dont les fonds sont investis en majorité sur des obligations d’État, mais aussi sur la trésorerie des distributeurs de ce type de contrat assurance vie dont les marges bénéficiaires s’en trouvent réduites.

L’on s’attend alors à ce que bon nombre d’assureurs envisagent de mettre leurs activités en « run-off », entendant par cela, l’arrêt de commercialisation de leurs produits. Comme ce qui se passe sur le territoire allemand où d’après le communiqué de Moody’s publié le 22 mai dernier :

Les taux d'intérêt bas continuent de peser sur les marges des produits traditionnels à taux garantis, et beaucoup d'assureurs-vie ont une solvabilité sous pression.

Moody’s

S’ajoutant à cela, l’instauration de la Solvabilité II, exigeant davantage de fonds propres aux établissements d’assurances européennes si bien que la cession des portefeuilles fermés à la souscription est devenue une solution de consolidation des plus efficace. Selon le cabinet :

Trois ans après l'entrée en vigueur de Solvabilité II, les compagnies ont désormais une meilleure vue de l'impact de ventes de portefeuilles en run-off sur leurs ratios de fonds propres.

Le tri continue chez Generali

Il y a à peine un mois, Generali a cédé sa filiale allemande, dont le portefeuille en « run-off » contient un encours de quelque 37 milliards d’euros provenant de 4 millions de contrats. Et le groupe ne compte pas en rester là puisque le 24 mai dernier, il a révélé l’accord de vente d’un portefeuille géré en extinction par sa succursale britannique qu’il vient de conclure avec Reinsurance Group of America, une société américaine se spécialisant dans le domaine de la réassurance.

À savoir, le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Force est toutefois d’admettre que la cession du stock de contrats, constitué principalement de produits de rente pour un total envoisinant les 680 millions d’euros d’engagements (chiffre estimé au 31 décembre 2018), permettrait à Generali d’optimiser de 1 point de pourcentage environ sa marge de solvabilité. À son directeur financier, Cristiano Borean, d’expliquer sa stratégie :

Grâce à la vente de ce portefeuille en run-off, nous allons dégager des ressources que nous pourrons réinvestir dans de nouvelles opportunités.

Cristiano Borean

D’autant plus que les nouvelles réglementations ont finalement autorisé l’opération si cela n’avait pas toujours été le cas. Comme l’explique Moody’s dans ces propos :

L'autorisation réglementaire était auparavant vue comme un obstacle significatif.

Moody’s

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